Journal de guerre, jour 416

L’hiver est arrivé en Israël. Il arrive toujours à la fin novembre, brutal, humide. Après un automne long et doux, sandales, débardeur et clim’ à fond.

Les températures chutent. On fouille dans les armoires à la recherche des manteaux et des bonnets. Il fait froid à l’intérieur, aussi. Je n’aime pas l’hiver. Il s’infiltre partout. Dans mon corps qui réclame des calories. Dans mon salon envahi de linge qui sèche trop lentement. Dans toute la logistique qui s’épaissit comme la boue sous les chaussures des enfants. Dans le jardin qu’on déserte. Dans ces flaques exagérées qui envahissent les trottoirs. Et dans mes réveils devenus laborieux. Mon corps rêve d’hiberner, mais le rythme de la vie, imperturbable, a ses exigences. Allez, il faut se lever et y aller. 

Je ne saute plus du lit, légère et pieds nus. 

Je m’accroche à la chaleur de la couette et je snooze. 

C’est une journée particulière. La première sans alerte sur le pays depuis plus d’un an. Silence complet sur les téléphones et dehors. Mon corps n’est pas encore prêt pour ça et reste en alerte. Mon esprit non plus n’arrive pas à s’adapter. Ça fait si longtemps que le quotidien est conditionné par la guerre. Pas seulement avec les titres des journaux, mais là, dans le quotidien. Et puis ce n’est pas fini. Le silence ici rend leur juste place aux otages qui attendent encore là bas. A nouveau au coeur de la guerre, comme il se doit. 

C’est trop tôt encore pour se retourner et regarder en face ces 14 mois de folie. 

Ce n’est pas fini.

Mais en attendant, le week end approche, et ça semble fou soudain d’envisager qu’on pourrait peut être s’éloigner un peu de la maison pour aller se promener.

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