Journal de guerre – Jour 104

La vie continue presque normalement mais la guerre est partout. 

Ce soir je suis allée m’asseoir dans le petit pub sauvage de mon yichouv.

C’est un endroit un peu magique, installé dans une forêt entre les pins, une sorte de container transformé en petit café, avec des guirlandes de lumière, une cuisine improvisée et un billard.

On s’y sent bien. Il y a de la musique, des bières, beaucoup de fumée et des discussions à n’en plus finir. J’y croise les gens dont je suis proche au quotidien et aussi les autres, avec lesquels un lien se crée de jeudi en jeudi, autour d’une partie de billard ou d’un échange. 

Depuis 3 mois, les discussions ne tournent qu’autour de ça. La guerre.

Beaucoup de mes voisins sont au front. Les papas des copains des enfants, les maris de mes amies. Les réservistes libérés pour le week end viennent le temps d’une soirée se reconnecter avec la communauté et sont accueillis avec des acclamations. On se prend dans les bras. On se tape sur l’épaule.

Quelque chose a changé dans l’espace temps. Le mois d’octobre est là, encore, en janvier. Et tout ce qui se passe depuis. L’avenir incertain. Demain et dans un an. Dans trois mois et dans dix ans. Les discussions sont plus profondes, on parle d’identité et d’appartenance et de survie. 

Ils parlent et j’écoute. 

C’est ma première guerre. 

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