J’ai choisi le silence.
Ou plutôt, il s’est imposé, et je n’ai pas lutté, je n’ai pas interrogé mon rôle, je n’ai pas considéré que me taire serait une défaillance, j’ai juste fait taire ma voix.
J’ai choisi le confort.
J’ai décidé que les mots étaient vains.
Que la vérité trouverait son chemin sans moi.
J’ai tout interrompu. Je me suis protégée.
La guerre revient dans mes rêves. Très précise. Les flocons dans le ciel. Les courses dans les abris. Je n’ai pas encore digéré ces derniers mois. A force de résilience, quelque chose s’est coincé dans les rouages, la peur n’a pas été évacuée, elle est encore là, diffuse.
Le fil est si fin.