La fatigue commence à se faire sentir. Les nuits sont entrecoupées d’alertes. Et les journées aussi. On ne laisse pas les enfants sortir de la maison. Même dans le yichouv, même près d’un espace protégé. Ça commence à faire long, et on télétravaille en parallèle. La comparaison avec la période Corona s’invite de plus en plus dans les conversations. En pire, ajoute toujours quelqu’un. Je n’oblige pas mes deux grands à se connecter à leurs zooms. C’est la fin de l’année. On sent bien que du côté des enseignants personne ne s’attend à rien. Ça m’arrange. Ma dernière en revanche a une prof zélée. Demain elle organise par zoom une leçon de cuisine au cours de laquelle les enfants devront préparer un vrai petit déjeuner. A 9:30. Avec une longue liste d’ingrédients à prévoir et “au moins un parent présent à cause de l’utilisation du gaz”. Je l’aime beaucoup mais…je suis fatiguée. J’ai vu sur les réseaux une blague qui m’a beaucoup fait rire. La question la plus difficile du bac d’histoire dans quelques décennies sera: Pourquoi les festivités de Yom Haatsmaout mai 2025 ont elles été annulées? A. La guerre avec Gaza. B. La guerre avec le Liban. C. La guerre avec l’Iran. D. Des incendies.
La bonne réponse est D. Mais qui s’en souvient un mois plus tard?
Je fais part à mon homme de ma baisse de régime, il me répond: “franchement, ne te mets pas la pression. Notre principal objectif est de rester vivants.”
Il a toujours le don de trouver les mots justes.
Espérons que la nuit soit calme.