La guerre — Encore

La nuit sera chaude dans le nord d’Israël. On l’apprend en fin d’après-midi, par la presse, cette fois. Les appels s’enchaînent, la soirée doit se réorganiser très vite. Annulations et reports. Personne ne s’étonne, c’est la routine de l’urgence. Comme ces zooms que je fais au travail, quand une personne dans un carré ouvre son micro pour dire avec un sourire: je vous laisse, j’ai une alerte. Et revient une quinzaine de minutes plus tard, sans autre commentaire.

Pour l’heure donc, la soirée est libre, les enfants sont contents que je ne sorte pas et il ne reste plus qu’à attendre. On sort les jeux de société et je prépare un cocktail. J’ai un nouveau secret, je mélange du gin avec une cuillère de confiture de framboise, du basilic, du jus de pamplemousse et des glaçons, le tout dans mon shaker Ninja, c’est divin. Avec deux ou trois fraises c’est encore mieux mais l’un des enfants les a toutes mangées plus tôt dans la journée. 

On a vu un graffiti de chien qui fume dans le ciel,  je pensais que c’était au-dessus de chez nous uniquement, avant de comprendre qu’on le voyait de tout le pays.

Ca m’a rappelé qu’au début de cette guerre là, on s’était réveillé avec des dessins de cercles au-dessus de la tête, et qu’on avait pensé qu’un aviateur d’un village du coin, en route pour l’Iran, avait voulu faire un clin d’oeil à ses enfants . Avant de réaliser que tout le pays avait vu ces cercles là. Très très haut dans le ciel, apparemment. Comme le chien.

Comme cette guerre finalement, à la fois très loin et complètement là.

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