Journal de guerre, jour 529

Je ne veux pas que la guerre reprenne. Je veux que les otages rentrent maintenant.

Je veux que les otages rentrent et retrouvent leurs familles.

Je veux que les otages rentrent et retrouvent leurs familles.

Je veux qu’Alon retrouve sa mère.

Et qu’Avinatan retrouve Noa.

Et tous les autres. Tous.

Je ne sais plus quoi faire de ce désespoir, alors je prie.

J’ai trouvé le psaume 126 il y a quelques mois, dans le petit livre de Tehilim qui me suit partout.

J’ai du le relire plusieurs fois, tant il semblait écrit pour nous, pour eux.

“ _Quand l’Éternel ramena les captifs de Sion, nous étions comme des gens qui rêvent_.

_Alors notre bouche s’emplit de chants joyeux et notre langue d’accents d’allégresse; Alors on s’écria parmi les nations: L’Éternel a fait de grandes choses pour ces gens_!

_Oui, l’Éternel a fait pour nous de grandes choses; profonde est notre joie._

_Ramène nos captifs, Ô Eternel, comme tu ramènes des ruisseaux dans le désert du midi!_

_Ceux qui  avec ont semé dans les larmes, puissent ils récolter dans la joie. C’est en pleurant que s’en va celui qui porte la semence, mais il revient dans la joie, pliant sous le poids de ses gerbes_ .”

Je prie exactement pour ça, dans ces mots-là. Je prie pour que ces familles qui ont semé tant de larmes moissonnent la plus grande des joies. Mais il faut que ce soit maintenant. *Bring them home now*.

Amen.

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Journal de guerre, jour 527

J’ai choisi le silence.

Ou plutôt, il s’est imposé, et je n’ai pas lutté, je n’ai pas interrogé mon rôle, je n’ai pas considéré que me taire serait une défaillance, j’ai juste fait taire ma voix. 

J’ai choisi le confort. 

J’ai décidé que les mots étaient vains. 

Que la vérité trouverait son chemin sans moi. 

J’ai tout interrompu. Je me suis protégée.

La guerre revient dans mes rêves. Très précise. Les flocons dans le ciel. Les courses dans les abris. Je n’ai pas encore digéré ces derniers mois. A force de résilience, quelque chose s’est coincé dans les rouages, la peur n’a pas été évacuée, elle est encore là, diffuse. 

Le fil est si fin.

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Journal de guerre, jour 525

Des fêtes, encore des fêtes, on perd la tête, on danse sous le soleil, il fait soudain chaud, et le pays s’embrase de joie, d’absurde, de rires, plus rien n’est sérieux, mon Dieu qu’on en avait besoin. Cette année Pourim avait une puissance différente, quelques uns de mes amis ont refusé de le fêter, pas tant que tout le monde ne sera pas rentré, c’est amoral, je comprends et j’admire, portez pour nous cela, prenez sur vos épaules notre air qui manque et cette tristesse qui s’accumule depuis un an et demi, pardon et merci, on vous rejoindra demain, après demain, dans tous les combats, mais là, tout de suite, il faut cet oxygène, cette folie, pour bien s’assurer qu’on est encore debout, bien là, bien vivants.

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