Ils ne t’en parlent jamais explicitement, à l’Agence Juive, quand tu commences tes démarches pour l’Alyah. C’est pourtant une information capitale. Mais tu ne la découvres que petit à petit, au fil des années en Israël, et une fois que tu prends la mesure du phénomène, tu n’as plus d’autre choix que d’assumer avec les moyens du bord.
Ça commence quand les enfants rentrent au gan, ou dans tout autre endroit où ils se sociabilisent. Ça se passe si vite que tu n’as pas le temps d’y prendre garde: Eux deviennent israéliens, du genre home made avec tampon bleu et blanc, pendant que toi, malgré le nombre d’années sur place, tu deviens le parent français d’enfants israéliens. Un label en bonne et due forme. D’ailleurs tu reconnais tes compagnons de route en un clin d’œil, et pas seulement à cause de leur accent
Tu sais que tu es Parent français d’enfants israéliens quand: Continuer la lecture
Je me souviens des vendredis matins à Tel-Aviv, dans le bouillonnement de la ville, entre les terrasses de café bondées, les odeurs alléchantes du Shouk, les joyeuses files d’attente devant les kiosques de jus de fruits, les sourires des passants… s’il existait un appareil spécial de mesure du niveau d’énergie ces matins là, je suis sûre qu’il exploserait tous les scores. Impossible de ne pas sentir qu’il s’agit d’une matinée différente, effervescente. Si elle ne sait pas toujours garder Shabbat, Tel Aviv s’en souvient parfaitement chaque semaine.
Un des principaux avantages de l’Alyah, il faut l’avouer, c’est de laisser derrière soi une bonne partie de ses problèmes d’identité. Quel soulagement et quelle joie de poursuivre sur la route de la vie délesté de ce poids sur les épaules. Oui, on peut en Israël être juif et libre de ses pensées, sans avoir à rentrer dans le moule d’une communauté et sans peur panique de couper le fil des ancêtres à chaque nouvelle rencontre.